Swami Premananda est un Maître spirituel de l’Inde contemporaine. Bien que né Sri Lankais, c’est sur la terre sacrée de l’Inde qu’il vit et enseigne depuis 1984 et son Ashram principal se trouve à Fatimanagar, près de la ville de Tiruchirapalli dans l’État du Tamil Nadu.
Les Premières Années :
Swami Premananda naquit à Matale dans une famille tamoule du Sri Lanka en 1951. Le Sri Lanka est un pays de tradition bouddhiste (près de 80% de la population) et celle-ci fait partie intégrante de la vie quotidienne et de la culture. Aussi trouve-t-on peu de Maîtres de tradition hindoue sur cette terre.
C’est pourtant dans cette même ville de Matale qu’un siècle auparavant un grand yogi indien, Swami Paramaguru, vint s’installer vers la fin de sa vie et y atteint le Mahasamadhi. C’était un ascète strict, il passait une grande partie de son temps dans la contemplation, n’avait aucune possession et prenait pour seule nourriture des haricots et des fruits d’igname. Il avait, à Matale, une jeune fidèle très dévouée du nom de Thaiyal Muthammal, qui lui préparait quotidiennement son repas en sortant de l’école (il est considéré en Inde comme une grande bénédiction de préparer de la nourriture pour un saint, et c’est aussi un signe d’une certaine pureté). Un jour, il lui fit la prédiction suivante : "Tu te marieras à l’âge de 16 ans et tu auras 3 enfants. Ton unique fille donnera naissance à 7 enfants. Le troisième, un garçon, aura comme nom celui du soleil. Il aura des pouvoirs divins et une connaissance spirituelle qui apparaîtront durant sa 7ème année. Il ne mènera pas une vie dans le monde mais bien une vie spirituelle. Inspiré par Dieu, il servira l’humanité toute entière. Tu dois prendre la responsabilité de t’occuper de lui et de l’élever. Ne fais pas obstacle à sa croissance spirituelle."Quelques années plus tard elle se maria, et comme la prédiction l’avait annoncé, eut une fille dont le troisième enfant fut un garçon. On le nomma Prem Kumar, mais fut surnommé Ravi (le soleil).
Sa mère, Pushpakanthi, ne se souvient d’aucun phénomène particulier précédent sa naissance, si ce n’est qu’au contraire de celui de ses 2 autres enfants, l’accouchement se déroula sans la moindre douleur.
Dès sa naissance, de multiples faits extraordinaires entourèrent l’enfant. Sa mère retrouvait souvent le bébé recouvert de kumkum (poudre de couleur rouge symbolisant la Shakti - l’énergie féminine d l’Univers) ou de vibhouti (cendre sacrée, symbole de Shiva) et toutes sortes d’objets apparaissaient mystérieusement autour de lui durant la nuit. Pourtant, ses parents, loin de se réjouir de ces faits auspicieux, acceptèrent très difficilement l’extraordinaire destinée qui semblait attendre leur fils. Pendant son enfance, il fut bien souvent incompris et rejeté de ses proches, à l’exception de sa grand-mère qui avait reconnu la prophétie de son maître. Il vécut donc chez elle une grande partie de son enfance, jusqu’à la mort de cette dernière.
Dès son plus jeune âge il manifesta de nombreux siddhis (pouvoirs spirituels). A l’école il avait l’habitude de donner abondamment à ses camarades des bonbons, crayons, fruits, etc..., qui apparaissaient mystérieusement dans ses poches. Il ne comprenait pas pourquoi ses amis ne faisaient pas de même, et pensait que c’était pour ne pas éprouver dans la main la douleur procurée par ces matérialisations.
"Durant mes jeunes années, il n’y avait aucune direction à ces miracles. J’avais juste l’habitude d’obtenir ce dont j’avais besoin - des sucreries, de l’eau, de la nourriture - et de le partager avec mes amis. Plus tard, pendant mon adolescence, j’ai pensé qu’il devait y avoir quelque chose de plus à cela et j’ai médité pour en trouver le sens. Comme résultat de ma méditation, j’ai trouvé que la source de ces miracles est véritablement au-delà des dimensions humaines."(discours de Colombo, page 1)
Ses professeurs se souviennent de lui comme d’un garçon intelligent, assez espiègle mais surtout d’une gentillesse extrême envers tous, toujours prêt à aider les autres. Il organisait souvent des discussions sur des thèmes religieux, et montrait un intérêt inhabituel pour son âge aux questions spirituelles. De plus, chacun venait à lui, professeurs comme élèves, en raison des pouvoirs qu’il manifestait pour aider les autres. Au-delà des phénomènes miraculeux, il montra très tôt une connaissance spontanée des écritures sacrées, des pratiques spirituelles diverses, et surtout une sagesse et une équanimité significatives. Ses professeurs et les parents de ses camarades le considérèrent donc rapidement comme un être hors du commun et comme un maître spirituel capable de les guider.
Lorsque sa grand-mère mourut, il ne retourna pas dans sa famille, défavorable à ce qu’il mène une vie spirituelle, mais partit vivre chez des fidèles. Durant cette période, il consacra de longs moments à la méditation et la contemplation à l’issue desquels il réalisa, comme il le dit plus tard, qui il était, et quelle était sa mission. Il abandonna alors ses études pour se consacrer pleinement à celle-ci. C’est à cette période qu’il créa également son premier orphelinat, recueillant les enfants les plus démunis.
En 1968, alors qu’il avait 17 ans, comme il célébrait la grande fête de Navarathri (fête de 9 jours dédiée à la Mère Divine) la robe blanche de Ravi prit, par une intervention divine, la couleur orange (la couleur que portent les renonçants hindous) et on lui donna le nom de Swami Premananda. (Prema : Amour - Ananda : Félicité)
Il créa plusieurs Ashrams au Sri Lanka, dont un centre de méditation dans les montagnes près de Kandy, où il vivait avec des fidèles. En 1983, à la suite de révoltes ethniques dues au conflit entre tamils et cinghalais (qui dure encore malheureusement aujourd’hui), son Ashram fut détruit, tout comme beaucoup d’habitations tamoules de la région. Il quitta alors le Sri Lanka en emmenant les enfants qu’il avait pris en charge, accompagné de quelques fidèles. Il fut accueilli en Inde, dans le Tamil Nadu, en tant que réfugié, comme beaucoup de tamils Sri Lankais.
Après avoir visité plusieurs lieux sacrés du sud, il choisit de s’installer à Fatimanagar près de la ville de Tiruchirapalli dans le Tamil Nadu. C’est en 1984 qu’il commença à bâtir son Ashram actuel.
Dans la tradition indienne, l’Ashram est un lieu où les disciples et fidèles se regroupent autour d’un maître ou instructeur, afin d’y suivre ses enseignements (aussi ce terme ne s’applique-t-il pas uniquement à la seule spiritualité, mais peut être aussi rencontré pour d’autres disciplines telles que la musique ou la danse. Nous ne l’aborderons ici que dans un contexte spirituel).
Le terme "Ashram"prend sa source dans la racine sanscrite du mot "effort". En cela le terme lui-même définit bien la fonction du lieu, car l’Ashram est l’endroit où l’aspirant, par diverses pratiques spirituelles, s’efforce autant qu’il lui est possible de réaliser le Divin, le Soi.
Cette tradition remonte aux anciens Rishis de l’Inde, ces premiers sages "voyants", transmetteurs de la connaissance védique. Dans leurs ermitages, composés de simples huttes, ils dispensaient leurs enseignements, le Sanatana Dharma , et en compagnie de leurs disciples pratiquaient d’intenses austérités.
L’Ashram de Swami Premananda s’inscrit pleinement dans cette tradition. Comme il le fait remarquer lui-même : "j’ai construit cet Ashram à la manière ancienne, pour vous montrer que je n’apporte rien de nouveau. Ce sont les idées anciennes et les anciens sentiers modernisés qui vous sont offerts."
"La conception de l’Ashram a été marquée dès le début par la spiritualité. La simplicité est très importante dans la vie spirituelle. Cet Ashram est très simple et situé dans un milieu naturel."

Swami Premananda a été emprisonné fin 1994, accusé de meurtre et de viols. Il a été condamné à la double perpétuité (donc 28 ans en Inde). Les deux procès en appel (le dernier en date à la cour suprême de Delhi) ont confirmé la sentence. A chacun de se faire sa propre opinion, après avoir cotoyé ou non Swami Premananda, et en utilisant son discernement. Notre Association, a apporté son soutien durant 6 ans à l’orphelinat (et non à l’ashram), et ceci indépendamment de cette condamnation, ayant le souci maintenir cette structure d’accueil pour les enfants.
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