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Vie de Sathya Saï Baba

1926 - ....


A 160 kilomètres de Bangalore, au sud de l’Inde, se trouve dans l’état d’Andhra Pradesh, le petit village de Puttaparthi . C’est là que le 23 novembre 1926 vint au monde Sathya Narayana Raju.

L’inde, où brille depuis des éons la lumière du mysticisme, est aujourd’hui encore le phare spirituel de nombreuses nations. Selon les brahmanes initiés, le monde se trouve dans son cycle obscur (le kali yuga) et le vent du matérialisme, de la haine, de la destruction et de la mort est à son paroxysme. Kali, l’aspect libérateur de Dieu, accomplit son œuvre de purification. C’est au cours de tels cycles que, selon la Bhagavad Gita, apparaît un fils de Dieu : "...Car chaque fois qu’il y a relâchement dans l’observation de la loi et recrudescence de l’impunité en tous lieux, alors, Je me manifeste. Pour la libération des justes et la destruction des mauvais, pour le ferme rétablissement de la loi..."

Ceci constitue la doctrine universelle des Avatars. De telles descentes nous sont familières car elles remplissent l’histoire ancienne et moderne. Sathya Narayana Saï Baba qui se reconnaît lui-même comme un Avatar (l’un des signes de son avatarat, en dehors des miracles qu’il réalise chaque jour, est une marque circulaire de naissance, le samku chakram qui se trouve sous la plante de ses pieds - Bouddha, dit-on, possédait aussi ces signes) attache une grande importance à la différence existant entre un adepte et un avatar. L’adepte le "devient" alors que l’avatar "est". Des cycles nombreux d’incarnations sont nécessaires à l’homme pour se réaliser et devenir adepte. L’Avatar, quant à lui est tel qu’il apparaît, investi de la grâce divine, d’une mission cosmique et des pleins pouvoirs spirituels inhérent à cette mission. Il est l’incarnation d’un principe supérieur de la divinité dans l’individualité d’un adepte. Du reste le mot Avatar signifie : "Qui descend avec l’approbation de la source supérieure dont il émane au profit du lieu où il arrive".

De Sa naissance au début de Sa mission

Comme pour Krishna, Bouddha ou Ramanuja, les mois qui précédèrent la naissance de Saï Baba furent accompagnés d’étranges phénomènes, et bien des signes annoncèrent à ses proches qu’il serait un être exceptionnel. Citons une anecdote : quelques heures après sa naissance, on se rendit compte que sous le lit du bébé était lové un terrible cobra, lequel s’échappa une fois découvert. Le cobra est un attribut du dieu Shiva et symbolise l’impuissance du mal en présence de la divinité. D’un autre côté, le cobra, symbole de l’initié parfait, représente l’état avancé de la réalisation spirituelle.

Depuis sa plus tendre enfance, Saï Baba manifestait une profonde aversion contre la viande morte et contre les sacrifices d’animaux. Son cœur était tel qu’il ne perdait jamais l’occasion d’offrir de la nourriture aux pauvres qui se donnèrent le mot, à tel point que sa mère, excédée, menaça de lui couper les vivres. Le petit garçon continua cependant à nourrir les affamés et se soumit lui-même au jeûne pendant plusieurs jours. Ses parents, intrigués, lui demandè-rent pourquoi il n’avait pas l’air indisposé après plusieurs jours d’un tel régime. C’est alors que Sathya révéla qu’un vieil homme lui procurait sa nourriture. Ce vieil homme était en réalité lui-même, son ancienne incarnation ; quant à la nourriture, il la matérialisait pour ses besoins.

Dans son incarnation précédente, au 19ème siècle, Sathya était un grand saint du nom de Saï Baba de Shirdi. Il était vénéré par des milliers de fidèles et il mourut en 1918, après avoir annoncé qu’il se réincarnerait huit années après, soit en 1926. Il n’est pas possible de retracer en quelques lignes la vie exceptionnelle de ce grand saint. Les fidèles, tant hindous que musulmans, fascinés par la force de son message, vinrent à lui. Des centaines de milliers de pèlerins venant de toute l’Inde affluaient, cherchant une plus grande lumière. D’incroyables miracles jalonnaient déjà toute sa vie. Je donne aux gens, disait-il, ce qu’ils désirent, pour qu’ils désirent un jour ce que je veux leur donner. Telle était sa précédente incarnation.

Tout jeune, Sathya était un enfant idéal, sans problème, et dont le caractère d’or faisait qu’il endurait tout sans jamais se fâcher. Il fut envoyé à l’école où il apprit le Telugu, sa langue maternelle. A huit ans, il fut inscrit à la Higher Elementary School de Bukrapatnam. Son passe-temps favori consistait à composer des chants religieux qui décrivaient les formes nombreuses de Brahman, seule et unique réalité dans l’absolu. Bien que très jeune, Sathya était déjà pourvu des plus grands siddhis (pouvoirs psychiques et spirituels). Un jour, il fut puni par son instituteur et dut rester debout sur un banc pendant la durée du cours. La classe finie, il s’apprêta à se lever, mais s’aperçut qu’il était cloué à son siège par une force étrangère à sa volonté. Cepandant, lorsqu’il faut autorisé à partir, il fut miraculeusement dégagé de l’attraction de son siège.

Lorsqu’il fut un peu plus âgé, Saï Baba surprenait son entourage en matérialisant toutes sortes d’objets : bonbons. crayons. etc... Doué de voyance, il découvrait les objets perdus ou volés.

C’est à l’âge de 13 ans que Sathya passa par un étrange processus : le 8 mai 1940, il s’écroula sur le sol en poussant un cri et perdu connaissance. Lorsqu’il revint à lui, il n’était plus du tout le même personnage, il connaissait nombre de choses sans les avoir apprises, ou chantait dans une demi-transe des chants en sanscrit, langue qu’il n’avait pas étudiée. Plus tard, Sathya déclara qu’il avait à ce moment ancré le processus par lequel il devait révéler sa divinité. On peut penser qu’à cette date, adombré par l’Esprit divin, il devenait un véritable Avatar. Il fut soumis au supplice de la médecine et de la sor-cellerie sans jamais se plaindre, et on ne trouva jamais la cause de son trouble et de son étrange comportement.

Le 23 mai de la même année, Sathya appela ses parents et ceux-ci furent témoins d’extraordinaires matérialisations de fleurs et de friandises, à tel point que le village tout entier accourut. Le père fort contrarié lui demanda, agacé, la signification de tout cela. C’est alors que l’adolescent répondit en souriant : Je vais vous le dire : je suis Saï Baba de Shirdi, révélant ainsi sa véritable identité. Son père lui demanda alors ce qu’il devait faire ; avec la voix du vieux saint, Sathya répondit :

Rendez-moi hommage tous les jeudis, purifiez votre esprit et gardez vos maisons propres.

Le jeudi suivant, quelqu’un parmi la foule lui demanda de prouver qu’il était bien la réincarnation de Saï Baba de Shirdi. Sathya demanda alors des fleurs de jasmin, il les jeta à terre, où elles tombèrent en formant d’elles-mêmes le nom de Saï Baba en Telugu. C’est à partir de ce jour là que l’on adora Sathya Narayana en tant que Sathya Saï Baba.

Le 28 octobre 1940, il annonça que sa mission avait commencé et qu’il était désormais séparé des liens limitatifs de sa famille physique ; il annonça également que sa mission serait réalisée en quatre phases : La première phase, jusqu’à sa seizième année, consistera en leela (le jeu divin dont l’univers est la scène) ; la deuxième, de seize à trente-cinq ans, sera consacrée aux miracles ; la troisième, de trente-cinq à soixante ans, sera consacrée aux enseignements et aux miracles ; selon sa volonté, il se retirera à soixante ans et ne paraîtra plus en public, toutefois ses proches disciples pourront encore le voir ; son corps vivra jusqu’à l’âge de quatre vingt seize ans et restera toujours jeune. Plus tard, Saï Baba réapparaîtra sous le nom de Prema Saï.

Les miracles

Nul n’ignore que les miracles n’existent pas, mais sont l’application de lois universelles, bien qu’ils soient rares en raison de l’ignorance humaine. Les milliers de pèlerins qui vont en Inde sont souvent poussés par un désir de curiosité, bien plus que par un véritable motif spirituel. Cependant, Saï Baba lui-même enseigne que les milliers d’objets (bagues, croix, cendre etc,..) qu’il matérialise ne doivent surtout pas voiler le but réel de sa présence. Voici comment il explique le but des miracles : Toutes ces manifestations psychiques sont appelées chamatkaara. Un phénomène de ce genre attire, et c’est là la qualité divine, basée sur la force de l’Atma (l’Esprit pur). Le chamatkaara, lorsqu’il est clairement compris par le fidèle, permet de transformer la nature humaine en nature divine (samskaara), laquelle constitue la base de paropkaara, ou service rendu à autrui sans trace d’égo, et sacrifice de soi-même en vue de sauver son prochain. N’oublions pas que le pouvoir du Verbe, ou Fils, (expression de Vishnu le conservateur) est avant tout attractif. Il est en rapport avec la force de l’âme et de l’amour manifestés par la voie bakti (dévotion) prônée par Saï Baba. Ainsi, l’aspirant est "attiré" par l’aspect inférieur du Fils, mais peut, par un contact direct avec l’Avatar, réaliser sa propre nature divine en Christos, son âme.

Parmi les grandes matérialisations à portée spirituelle réalisées par Saï Baba, il y a la création d’un lingam devant une foule considérable durant la nuit de Mahashivarathri. Ce lingam, de forme ellipsoïdale, fait de métaux ou pierres semi-précieuses (agate ou cristal), symbolise l’œuf cosmique du début et de la fin. Voici donc ce qui se passait jusqu’en 1977 en présence de dizaines de milliers de fidèles : Saï Baba commençait par célébrer la cérémonie de l’Abishekam qui consiste à matérialiser de la vibouthi. Un vase vide était retourné au-dessus de la statue d’argent du saint de Shirdi. Alors, Saï Baba introduisait sa main à l’intérieur et l’agitait, la cendre tombait sans arrêt jusqu’à recouvrir entièrement la statue. Ensuite, Saï Baba s’adressait à la foule pendant une demi-heure et concluait son message par un chant sacré (bhajan). C’est alors que, plus ou moins facilement (le lingam était quelquefois si gros qu’il fallait couper les commissures des lèvres de Saï Baba), le lingam montait le long de l’œsophage, sortait de la bouche de Saï Baba et était précieusement déposé dans un linge. Les vibrations étaient terriblement fortes et la foule était au comble du délire.

L’habitude de matérialiser de la cendre vient de sa précédente incarnation, où déjà il utilisait la cendre de sa lampe au profit de ses fidèles. De plus, la cendre sacrée, ou vibuthi est, dit Saï Baba, le symbole de la prospérité et de la splendeur spirituelle et, semblable au talisman qui contient un secret divin. Elle élimine tout danger et protège celui qui se pare de son ornement de pureté.

A l’encontre de la fleur la plus belle, la cendre, elle, ne fane ni ne meurt, mais reste intacte puisqu’elle représente le tout dernier stade des cinq éléments de la création. De plus, nos désirs doivent être réduits en cendre et la vibouthi symbolise cette victoire. Cette cendre sacrée, utile à bien des égards si le cœur est ouvert, apparaît mystérieusement chez beaucoup de disciples, comme manifes-tation de son omniprésence, surtout dans les lieux de prière où l’on chante à la gloire du Seigneur : là, elle recouvre les images saintes en signe de grâce.

Au tout début de sa mission, des centaines de fidèles affluèrent à Puttaparthi et Saï Baba tenait à les nourrir tous ; lorsqu’il n’avait plus rien, il multipliait la nourriture, à l’égal de Jésus. Pour cela, il prenait deux noix de coco (fruit important dans le rituel hindou), les brisait l’une contre l’autre et répandait le lait sur le reste de nourriture ; à son signal, les fidèles venaient manger, et cela jusqu’à la nuit tombante, sans jamais amoindrir les réserves.

Le grand pouvoir qu’ont les adeptes de puiser à la source même de la vie est une chose courante pour Saï Baba. Un jour qu’il se promenait avec quelques disciples, il aperçut un tamarinier et leur demanda quel fruit ils aimeraient cueillir : le fruit apparaissait alors miraculeusement sur la branche.

Voilà quelques années, Saï Baba, lors d’une promenade, mit au défi quelques jeunes disciples de son âge de parvenir le premier au sommet d’un tertre. Le chemin était rude. cependant, avant que les autres n’aient commencé à monter, Saï Baba se trouvait déjà au sommet, et en arrivant à lui certains virent à ce moment un jet de lumière aveuglante sortir de son front, d’autres ne virent qu’une colonne de feu.

Pendant le grand cycle des miracles, Saï Baba avait l’habitude de matérialiser de grosses statues. C’est ainsi qu’un jour où il se promenait avec ses fidèles, il se baissa et gratta le sable jusqu’à mettre au jour le haut d’une tête ; alors la statue se mit à sortir du sol, poussée par une invisible force : d’abord émergea une statue de Shiva, puis une autre de Parvati, enfin un lingam. Lorsqu’elles furent suffisamment sorties, Saï Baba les tira et les jeta sur le sable pour qu’elles se refroidissent car ces objets étaient brûlants.

Saï Baba est aussi et surtout un guérisseur du corps et de l’âme. Ses méthodes sont nombreuses et variées. Il guérit autant la folie que le cancer. Parfois, il opère avec des instruments qu’il matérialise. On a même des exemples de retour à la vie, telle que l’expérience de Lazare par Jésus-Christ. Des ouvrages (en anglais essentiellement) retracent les pouvoirs formidables qu’il manifeste quotidiennement depuis son enfance. Il se rend invisible à volonté, prend n’importe quelle forme pour garder, protéger et enseigner. Il voit dans le passé et le futur accomplit des cures miraculeuses, matérialise ce qu’il veut et surtout, ce qui est, un point essentiel, il mène ses disciples et fidèles vers le but spirituel de la vie.

Article paru dans la presse suisse, concernant l’hôpital mis en place par Saï Baba, à télécharger ci-dessous

PDF - 1.3 Mo
Concernant l’hôpital de Saï Baba