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Vie de Ramana Maharshi

1879 - 1950


Venkataraman naquit le 30 décembre 1879 à Tiruchuli petit village près de Madurai dans le Tamil Nadu , dans une famille de la caste des brahmanes. Rien dans son enfance ne laissait présager de sa vie future. C’était un enfant plutôt robuste, ne montrant pas un grand intérêt pour ses études ou pour autre chose. Cependant, en 1896, alors qu’il avait 17 ans, survint chez le jeune Venkataraman un événement qui allait transformer sa vie et révéler ce sage extraordinaire. Un jour qu’il était assis seul chez son oncle, il fut soudainement saisi, sans raison apparente, d’une peur intense de mourir.

Il entreprit alors, devant la force de cette angoisse, une profonde introspection sur la mort elle même, se demandant à lui même : "La mort est venue. Qu’est-ce que cela signifie ? Qui meurt ?". A l’issue de cette interrogation il comprit que "le corps matériel meurt mais l’esprit qui le transcende ne peut être touché" et qu’il était donc "l’esprit immortel". Des années plus tard il racontera à des fidèles : "Tout ceci n’était nullement un processus intellectuel. Cela flamboyait avec une extrême vivacité devant moi, comme une éclatante vérité que je percevais directement et sans réflexion. J’étais donc quelque chose de très réel, la seule chose réelle en cet état, et toute mon activité consciente en relation avec mon corps était centrée sur cette chose. Depuis cet instant, par une fascination toute puissante, le "Je" ou mon "Soi" fut et resta le foyer de toute mon attention. La peur de la mort avait disparu, et pour toujours".

L’ego n’était plus et dès cet instant Venkataraman perdit complètement le peu d’intérêt qu’il avait pour les choses de ce monde. Rapidement (le 1er septembre 1896) il quitta le foyer familial, délaissant nom et possessions afin de pouvoir s’enfoncer pleinement dans cette réalité. Alors commença une longue et intense période de silence et d’ascèse contemplative qui ne résultait cependant d’aucun effort mais au contraire d’une prise de conscience radicale, d’une réalisation véritable de sa propre essence.

Il se rendit à Tiruvannamalai au pied de la montagne sacrée d’Arunachala. Dans la tradition hindoue cette montagne est considérée comme une incarnation vivante du dieu Shiva et c’est un haut lieu d’adoration et de pèlerinage shivaïste. Quelques années auparavant il avait entendu parler de cet endroit par son oncle et son seul nom avait provoqué en lui un sentiment bouleversant sans raison apparente. Son amour pour cette montagne, qu’il assimilait au Soi, était très profond comme en témoignent les poèmes qu’il composa sur elle plus tard, et jusqu’à sa mort en 1950 il ne quitta jamais cet endroit.

Durant les 3 premières années, il s’installa dans divers temples de la ville, dont un long séjour dans la petite enceinte délaissée, et donc plus tranquille, du Patalalinga dans le grand temple d’Arunaleshwar. Puis il vécut dans certaines grottes de la montagne, celle de Virupaksha (où il demeura 16 ans), puis une autre qui fut aménagée par un des premiers disciples et devint Skandâshram. On l’appela d’abord muniswami (le Swami silencieux) car durant les premières années il garda un silence absolu et on ne savait ni qui il était, ni d’où il venait puis un disciple le baptisa du nom de Bhagavan Ramana Maharshi (Bhagavan signifie le Seigneur, Ramana est une abréviation de Venkataraman, et Maharshi, le grand voyant au sens de vision spirituelle). Que ce soit dans les temples ou plus tard dans la montagne, il demeurait constamment assis en état de profonde méditation, d’absorption dans le "Je", et les premiers fidèles et les disciples commencèrent a affluer, attirés par son intense rayonnement spirituel.

Après quelques années, il commença aussi à donner des enseignements verbaux, même si le silence qu’il définissait comme une "éloquence incessante" restait sa méthode privilégiée. Sa mère vint également vivre auprès de lui dans la grotte de Skandâshram, menant dès lors une existence ascétique et au service de "son" fils et de ses fidèles. A la mort de cette dernière en 1922, il consentit à s’installer en bas de la montagne afin d’être plus accessible aux fidèles en nombre grandissant qui bâtirent alors le Ramana Ashram. Des foules de plus en plus nombreuses vinrent à l’Ashram afin d’y recevoir le darshan et la bénédiction du sage, et recueillir ses enseignements. Il vivait et dormait sur une couche dans le petit hall central, disponible à tous, quels qu’ils soient, à toute heure du jour ou de la nuit et n’eut jamais d’autres possessions que son pagne, un kamandalu (pot à eau qu’ont traditionnellement les renonçants) et un bâton de marche.

Toute sa vie il manifesta la même équanimité envers chacun, êtres humains, plantes ou animaux exprimant ainsi dans l’expérience quotidienne son identité avec le Soi qu’il percevait en toute chose, comme une totalité.

Le 14 avril 1950, considérablement affaiblit physiquement par une tumeur maligne, il quitta son corps. Aux fidèles qui venaient lui faire part de leur tristesse à l’idée qu’il allait désormais les quitter il répondait "vous attachez trop d’importance à ce corps". Au moment de sa transition plusieurs témoins virent une lueur extraordinairement brillante jaillir dans le ciel pour aller se fondre en Arunachala.