Nirmala Sundari Devi naquit le 30 avril 1896, dans un petit village du Bangladesh. Dès sa plus tendre enfance, elle faisait preuve d’un caractère particulier : elle n’exprimait aucun désir pour elle-même, constamment joyeuse et serviable envers tous. Son instruction scolaire et religieuse fut très rudimentaire. Comme beaucoup d’Êtres voués à un destin extraordinaire, ses moments de solitude, ses absences du monde qui l’entoure, firent craindre qu’elle ne soit simple d’esprit.

Elle était déjà indifférente à son corps, à la nourriture. Autre trait de son caractère, elle faisait constamment preuve d’une obéissance totale aux ordres de ses aînés, ce qui paraissait parfois totalement déconcertant.
Mariée à l’âge de 13 ans, elle ira rejoindre la famille de son époux Bholanâth un an plus tard. Ce dernier se rendra vite compte de la dimension spirituelle de son épouse, et la considèrera comme son Guru. Il fera vœu de silence, pour se pardonner à lui-même d’avoir eu des pensées impures envers elle.
Vers l’âge de 22 ans, elle entamera une succession de difficiles sadhanas, son corps prenant spontanément des postures yoguiques, qu’elle ignorait totalement. Ces pratiques entraînaient des phénomènes étranges autour d’elle, ce qui fit penser à son entourage qu’elle était possédée. Comme d’autres saints dans ces périodes incompréhensibles pour le simple dévot, même indien, on la força à consulter médecins et exorcistes, en vain.
A partir de l’âge de 24 ans, celle qui fut connu plus tard dans toute l’Inde sous le nom de Mâ Ananda Moyi, n’eut pratiquement plus aucun besoin de sommeil, de nourriture. Le monde intérieur auquel elle avait accès à volonté lui faisait considérer comme une ombre ce corps de matière grossière.

Mâ Ananda Moyi entrait en samâdhi à n’importe quel moment, parfois pour des heures entières. Son corps était froid, son visage et son corps exprimaient graduellement un éclat extraordinaire. Ceux qui touchaient ses pieds (padanamaskar) dans ces moments particuliers, comme c’est la coutume devant des Êtres saints, tombaient parfois inconscients.
Une des caractéristiques de la vie de Mâ, est qu’elle se déplaçait constamment, principalement dans le nord et le centre de l’Inde. Elle menait la vie sans attachement des renonçants hindous, qui ne restent, sauf rares exceptions, que quelques jours dans le même lieu. Dans ces déplacements, elle était accompagnée de nombreux fidèles et disciples. Commençait alors généralement, là où elle décidait de s’arrêter pour quelque temps, un flot ininterrompu de questions formulées par des visiteurs de tous horizons sociaux, auxquelles elle répondait spontanément, sans un instant de réflexion. Un regard, un geste, un mot, transformaient pour toujours ceux qui l’approchaient.

A la demande de fidèles, une vingtaine d’Ashrams furent établis en Inde, dans lesquels Mâ se rendait de temps en temps. Mais que représentaient vraiment ces lieux limités, pour celle qui considérait que "l’univers tout entier est un Ashram" ? Comment ne pas être troublé par les nombreux témoignages de personnes dignes de foi faisant état de leur constat : Mâ leur apparaissait, lors de certains festivals, les traits physiques complètement transformés, sous la forme de Durga, de Kali, de Krishna. On compare souvent le Maître, le Guru, l’Instructeur spirituel, à un miroir. Celui qui nous met face à nous-même, nos aspirations, nos idées, nos contradictions. Mâ était capable de manifester toutes les attitudes, selon les désirs exprimés ou non : "je suis tout ce que vous imaginez, pensez ou dites".

Ce qui bouleverse toujours nos idées reçues, parfois alimentées par l’image erronée que donnent de pseudo-instructeurs en quête de divers pouvoirs, c’est la simplicité déconcertante de ces Êtres hors du commun. Eux qui ont accès à un monde intérieur de plénitude, agissent dans le quotidien comme le plus simple des mortels, toujours à l’écoute des moindres souhaits de ceux qui les entourent. Aucune tâche ne leur paraît indigne de leur état.
Absence totale de désir personnel, abandon inconditionnel à la Volonté divine, qui rend tout possible. Connaissance totale des êtres qui l’approchent, de la voie qui sera pour eux la plus appropriée. Celle qui leur permettra de se connaître, de s’accepter, afin de pouvoir plonger un jour dans l’Absolu.
Son samadhi se trouve à Kankhal, petit village du Nord de l’Inde, tout proche de la ville sacrée Haridwar.

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