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Enseignement de Ramana Maharshi



Ramana Maharshi, à l’image de Dakshinamurti auquel il fût souvent assimilé, enseignait essentiellement à travers le silence bien plus que par la parole. "L’état qui transcende langage et pensée est silence (mauna). C’est une méditation sans activité mentale. La subjugation du mental est méditation, et la méditation profonde est un discours éternel. Le silence de parler. C’est un flux continu de langage. Il est interrompu par les paroles car les mots font obstacles à ce "langage" muet".

Il était un Jnani pur et son enseignement reposait sur l’affirmation (provenant de sa propre expérience) de l’existence d’ une réalité unique et immanente, englobant tout et toute chose. A cette réalité il donnait le plus souvent le nom de "Soi", et la méthode qu’il préconisait pour le réaliser était l’enquête constante sur sa nature même - l’Atma Vichara. En chaque moment et en chaque circonstance le chercheur doit se poser à lui même la question "Qui suis-je ? - Qui est ce "je" ? " car il explique : "Considérez ce qu’est le Soi. Ce que vous croyez être votre soi n’est en réalité que le mental ou l’intellect, ou la pensée "je". Agrippez-vous donc à cette pensée et les autres finiront par s’évanouir, ne laissant plus comme résidu que le Soi". "Les bulles sont différentes les unes des autres et innombrables, mais il n’ y a qu’un seul océan. De même, les egos sont nombreux tandis que le Soi est un sans second. L’ego c’est la pensée du je."

Quelques citations

Q - Qu’est ce que la réalité ?

R - La réalité doit être évidente en permanence. Elle n’a ni formes, ni noms. C’est la réalité qui sous-tend ces derniers. Etant elle même illimitée, elle sous-tend les limitations. Elle n’est reliée à rien. Etant le réel, elle est sous-jacente à ce qui est irréel. La réalité est ce qui est. Elle est comme elle est. Elle transcende la parole. Elle est au delà des expressions "existence", "non-existence", etc.... La réalité est la pure conscience qui demeure quand l’ignorance, en même temps que la connaissance des objets sont détruites ; elle seule est le Soi.

Q - Comment connaître ceci (le Soi) par l’expérience directe ?

R - Si nous parlons d’une connaissance du Soi, alors il doit y avoir deux "soi", un soi connaisseur, et un soi objet, sans compter le processus de connaissance lui même. L’état que nous appelons réalisation c’est simplement être soi-même, sans chercher à connaître quoi que ce soit ou à devenir quoi que ce soit. Si quelqu’un l’a réalisé il est ce qui seul est et ce qui seul a toujours été. Cet état est indescriptible. On ne peut qu’être cela. Bien sûr on parle par approximation de réalisation-du-Soi parce qu’on n’a pas de meilleur terme. Comment "réal-iser" ou rendre réel ce qui seul est réel ?

Q - Quelle est la nature de l’esprit ?

R- L’esprit n’est rien d’autre que la "pensée-je". L’esprit et l’ego ne sont qu’une seule et même chose de même que les autres facultés mentales, telles que l’intellect et la mémoire (...) D’où jaillit ce "je" ? Recherchez le à l’intérieur ; à ce moment là il se dissipe. C’est cela la recherche de la sagesse. Au fur et à mesure que l’esprit examine sa propre nature, l’évidence se fait jour que cet esprit n’a aucune réalité. Cette voie directe est ouverte à tous. L’esprit n’est rien d’autre que l’ensemble des pensées. De toutes ces pensées, la " pensée-je" en est la racine. Elle est, à elle seule, l’esprit. La naissance de la "pensée-je " est notre propre naissance, sa mort est la mort de la personne. Tout de suite après l’apparition de la "pensée-je" surgit une fausse identification avec le corps. Débarrassez-vous de cette "pensée-je". Aussi longtemps que le "je" est en vie, les ennuis sont là. Quand le je n’existe plus les ennuis s’évanouissent.

Q - Pourquoi Bhagavan ne circule-t-il pas en prêchant la vérité aux foules ?

R - Comment savez vous que je ne le fais pas ? Est-ce que prêcher veut dire monter sur une estrade et haranguer le peuple ? La meilleure prédication est la communication de la connaissance ; elle ne peut se faire vraiment que dans le silence. Que pensez vous de quelqu’un qui est capable d’écouter un sermon pendant une heure sans que cela change la moindre chose à son comportement ? Comparez-le avec un autre qui s’assoit en présence d’un saint et s’en va au bout d’un moment en ayant complètement changé sa vision du monde. Vaut-il mieux prêcher bruyamment sans résultat, ou s’asseoir silencieusement en répandant une force intérieure ?